1°) Pouvez-vous nous décrire le secteur de la location de voitures courte durée ?
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Le CNPA est le Conseil National des Professions de l’Automobile. Il rassemble l’ensemble des métiers de services liés à l’automobile. La branche loueurs de voiture courte durée du CNPA regroupe plus d’un millier d’adhérents, soit environ de 85 % du marché.
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Ce secteur est en pleine mutation. Il s’agit d’une activité récente, apparue dans les années 1955 avec le développement du transport aérien. Auparavant tournée vers une clientèle professionnelle, le mix client a évolué grâce à l’essor des compagnies low-cost et du TGV : la part des locations loisir est passée de 30 % il y a 15 ans à 60 % aujourd’hui. La croissance du marché est désormais portée par le tourisme et non plus par la clientèle professionnelle.
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Cette évolution est également liée à la mutation de la pyramide des âges : les jeunes ont un rapport à la voiture totalement différent. Aujourd’hui, l’usage est privilégié à la propriété, la possession d’une voiture n’est plus l’affirmation d’un statut social. Un comportement citoyen émerge également : une voiture de location représente 7 voitures en propriété, et limite donc la pollution, la circulation...
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Le nombre d’agences est stable, de même que la part des réseaux internationaux (Hertz, Avis, Europcar…), qui représentent 60 % du marché. Les agences de location comptent 3 ou 4 personnes en moyenne. Le marché s’est récemment ouvert avec l’entrée de la grande distribution (Leclerc, Super U, Carrefour, Intermarché), il se démocratise.
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2°) Comment se comporte l’activité des loueurs face à la conjoncture économique ?
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Jusqu’au mois d’avril, la clientèle est essentiellement professionnelle. Le début de l’année 2011 a été relativement difficile, l’activité économique étant encore ralentie par la crise. La saison touristique a ensuite été bonne, les français étant davantage restés dans l’Hexagone. L’activité devrait progresser légèrement sur le dernier trimestre 2011, pour atteindre une hausse comprise entre 2 % et 3 % sur l’ensemble de l’année 2011. L’activité ne devrait pas connaître de hausse en 2012 : beaucoup d’interrogations subsistent concernant l’évolution de l’économie et des problèmes bancaires, et il s’agit d’une année d’élection, en France et aux Etats-Unis.
3°) Quelles sont les tendances, les évolutions dans le secteur de la location de voitures ?
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L’auto partage, qui donne la possibilité de louer une voiture pour des périodes très courtes, est en pleine croissance depuis 2 ans. De plus en plus de loueurs élargissent leur offre en proposant ce service. L’auto partage s’appuie sur la simplification des démarches de location, grâce à la dématérialisation des actes de location.
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La demande pour la location de véhicules électriques, qui seront lancés prochainement, est réelle. Les clients veulent de plus en plus consommer écologique et vert. Il y a également un effet de mode, que les loueurs se doivent de suivre. Malgré un coût à l’achat supplémentaire, les TPE auront au moins 1 ou 2 véhicules à proposer car la demande existera.
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Le low-cost se développe, et les grandes enseignes se positionnent sur ce segment de marché afin de capter une nouvelle clientèle (Avis a racheté Budget et Hertz, Advantage).
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Si le nouveau consommateur ne souhaite pas posséder de véhicule, il aime cependant la voiture, et veut se faire plaisir lorsqu’il en loue une. Aussi, les loueurs renforcent leur offre avec des modèles sympathiques, fun, et de plus en plus tournés vers la clientèle féminine (Mini Cooper, Fiat 500 rose…).
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4°) Quelles sont les préoccupations actuelles des loueurs ?
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Les préoccupations d’ordre législatif, qui représentent des entraves à la location de voitures, sont importantes. Par exemple, la mairie de Paris, mais cela pourrait concerner d’autres villes par la suite, tend à limiter la circulation en centre et prévoit d’interdire la livraison des véhicules par porteurs de 8 véhicules. Cela créerait des contraintes considérables au niveau logistique, notamment pour approvisionner les gares, situées dans Paris. Des centaines de voitures doivent être amenées aux loueurs implantés en centre-ville. Autre exemple : il est de plus en plus difficile pour les loueurs de stationner à proximité immédiate des gares SNCF, ils n’ont plus la possibilité de se garer.
L’activité économique perturbée est également une source d’inquiétude. En période de crise, les entreprises ont tendance à limiter les dépenses jugées non prioritaires, comme les déplacements (conférences call, visio conférences…). Les arbitrages de consommation touchent également les ménages. L’horizon économique, tant pour la clientèle professionnelle que pour la clientèle loisir, est relativement sombre.
Les professionnels s’interrogent aussi sur le modèle économique des voitures électriques (prix à l’achat plus élevé, interrogations sur la durée de vie, le prix à la revente, les coûts de maintenance…) et sur le chargement des batteries. Les structures permettant de recharger les batteries sont rares (gare, aéroport, parking, voierie…), ce qui est problématique. Le lancement des véhicules électriques n’a pas été anticipé. Il est encore trop tôt pour déterminer si la location de voitures électrique est financièrement viable. De ce fait, le développement de ce marché proviendra des grands réseaux, les TPE attendant de voir comment cela évolue.
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5°) Quels sont les relations avec les banques, les fournisseurs informatiques, les opérateurs télécom et d’énergie ?
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Le parc automobile représente 50 % du chiffre d’affaires d’un loueur de voiture. Les TPE et les PME ont de plus en plus de difficultés à le financer à un coût raisonnable. Les banques sont prudentes car ce marché ne connaît pas une forte croissance, et est lié à l’environnement économique. Le contexte économique ne s’améliorant pas, les banques durcissent les conditions d’accès aux crédits.
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En revanche, il n’y a pas de difficultés avec les assurances. Les loueurs souscrivent une assurance gardiennage, pour assurer les véhicules non loués contre le vol, l’incendie ou les dégradations. C’est un poste de dépense conséquent. Le parc automobile est facile à assurer car ce sont des voitures récentes et en bon état : les voitures sont changées tous les 8 ou 9 mois. Pour la revente, il y a plusieurs solutions : soit le loueur a des accords avec les constructeurs automobiles, qui les reprennent et les mettent dans leur propre parc d’occasion ; soit il les revend directement auprès d’acheteurs marchands, qui achètent des parcs conséquents et les revendent ; soit il les revend à des particuliers. Un client peut effectivement acheter la voiture qu’il a louée. Les loueurs des grandes enseignes possèdent des centres d’occasion, comme les constructeurs, où il est possible de louer et/ou d’acheter une voiture.
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L’immense majorité des agences possèdent un site Internet permettant la réservation en ligne, même les TPE et PME. Les applications mobiles permettant la réservation via un smartphone sont réservées aux grandes enseignes, l’intérêt étant limité si le réseau n’est pas étendu. L’essentiel des communications se font par informatique, que ce soit via les systèmes de réservation automatisé (GDS global distribution system, notamment utilisé par les agences de voyages) ou Internet.



