1) Pouvez-vous nous décrire le secteur des taxis et la place des indépendants dans la profession ?
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La place des TPE est très importante au sein des taxis puisqu’elles représentent plus de 80% des entreprises. On compte en 2009 autour de 55 000 licences de taxis et le nombre augmente chaque année.
De nombreux artisans sont regroupés au sein de réseaux organisés autour de centraux téléphoniques qui dispatchent les courses. Deux types de réseaux cohabitent : les coopératives regroupant des artisans, qui se gèrent eux-mêmes ou à l’aide d’un standard, et les entreprises privées, de plus grande taille et principalement localisées dans les grandes villes. Les deux principaux réseaux sont Taxis Radio de Lyon avec 400 artisans, sous forme de coopérative, et Taxis G7 à Paris avec plus de 2 000 taxis sous la forme d’une entreprise privée.
On trouve également plusieurs petits réseaux de 4-5 artisans dans les zones rurales dont le but premier est d’organiser au mieux les transports dans une même zone tout en optimisant le temps de chaque artisan. En zone rurale, la demande en disponibilité est très forte, jour et nuit, et les réseaux permettent de dégager du temps libre.
La FNTI estime que le développement des réseaux a atteint son potentiel maximum aujourd’hui.
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2) Comment se comporte l’activité des taxis face à la conjoncture économique ?
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Globalement, la conjoncture des taxis est mauvaise. Deux situations se distinguent :
- Les taxis ruraux ou dans les petites villes s’en sortent correctement en raison des activités de transport scolaire ou de transport sanitaire.
- Les taxis urbains dont la clientèle est essentiellement professionnelle voient leur chiffre d’affaires baisser de -30% en raison des consignes de maitrise des coûts des entreprises. Le transport, et particulièrement le taxi, sont des dépenses compressibles et remplaçables par d’autres formules (téléconférences, transports en commun…).
En 2009, la clientèle privée (touristes ou personnes aisées) représente moins de 10% de l’ensemble de la clientèle des taxis. Les professionnels, le transport scolaire et le transport de malades représentent plus de 90% de l’activité.
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La FNTI reste optimiste cependant, malgré la poursuite d’une conjoncture défavorable. En effet, les mesures de réduction de circulation en ville (péages urbains, stationnement payant….) restent favorables à l’utilisation de taxis, tout comme le fait qu’un citadin n’ait pas besoin d’un véhicule pour ses déplacements quotidiens en raison de l’offre multimodale.
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3) Quelles sont les préoccupations des taxis ?
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Les taxis évoquent 3 grandes préoccupations :
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- La concurrence jugée déloyale de certains opérateurs
La profession de taxi est très réglementée concernant l’accès à la profession et son exercice (capacité professionnelle, visite médicale…) ; or certains opérateurs pénètrent sur le marché en proposant leurs services à des prix nettement inférieurs et peuvent mettre en péril la sécurité du voyageur. Les loueurs de véhicules de tourisme avec chauffeurs, les motos (dont le texte de loi est toujours en attente de parution en juin 2010), les associations de transport de personnes âgées, subventionnées, sont autant de concurrents contre lesquelles les taxis ont du mal à lutter.
Concernant les navettes ville/aéroports, la FNTI précise que le rapport entre le nombre de personnes transportées et le prix du trajet n’est pas nécessairement défavorable au taxi. Par exemple, le futur tram entre le centre ville et l’aéroport de Saint Exupéry à Lyon devrait coûter autour de 13€/personne. A partir de 3-4 personnes, le taxi est aussi compétitif.
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- L’évolution de la réglementation du transport scolaire et du transport sanitaire
Les professionnels s’inquiètent de la modification des appels d’offre concernant le transport scolaire ou le transport sanitaire. Désormais, les appels d’offre concernant le transport scolaire sont globaux or un artisan seul ne peut répondre et se voit concurrencé par de grandes entreprises comme VEOLIA Transport ou KEOLIS. Ces derniers sous-traiteront au final le transport à des artisans taxis mais à des conditions différentes et souvent moins intéressantes.
Parallèlement, les hôpitaux devraient disposer d’une enveloppe globale pour gérer l’ensemble de leurs transports. La FNTI craint qu’un artisan seul ne puisse répondre et gérer les aspects administratifs attachés à de tels contrats.
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- Le poids du carburant
Le carburant reste une préoccupation majeure des taxis et représente près de 20% des charges d’un artisan. Il n’existe pas de contrat avec des opérateurs pétroliers ou des réseaux de distribution et chaque artisan se fournit dans les stations-services locales.
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4) Quelles sont les innovations dans le métier ?
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La FNTI évoque plusieurs pistes d’innovations ou de changement dans le métier :
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- La réglementation : d’ici fin 2011, les taxis doivent se mettre aux normes définies par le Décret n°2009-1064 du 28 août 2009 et l’Arrêté du 13 février 2009. Ils imposent notamment la mise en place d’imprimantes individuelles sur le taximètre et l’installation d’un dispositif lumineux sur le toit des véhicules (vert pour un taxi libre / rouge pour un taxi occupé). Les taxis attendent la réalisation de certains engagements de l’Etat comme la possibilité d’accepter les CESU ou la simplification des démarches dans le cadre de la Loi LOTI et le transport scolaire.
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- L’informatisation des véhicules : elle se développe rapidement et représente une voie d’avenir certaine. L’informatique embarquée permet aujourd’hui d’attribuer le taxi adéquat à la demande du client (taille du véhicule, animaux acceptés, paiement par CB ou chèque…) et organise les courses en limitant les transports à vide.
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- Des véhicules propres et économiques permettant de réduire les charges de carburant : L’offre de véhicules hybrides est encore faible puisque seules 2 marques sont positionnées sur le marché. Par ailleurs, le manque d’autonomie et le temps de recharge des batteries électriques sont encore des freins à l’usage de tels véhicules. Des projets israéliens ou japonais sont en cours permettant de remplacer les batteries sous le véhicule pour éviter le temps de recharge.
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- D’autres pistes sont possibles selon la zone géographique comme le transport en bout de ligne SNCF : les taxis remplacent les trains ou les bus mis en place par la SNCF pour assurer la fin de certaines liaisons pour les quelques voyageurs présents.
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5) Quelles sont les relations avec les banques, les assurances, les fournisseurs informatiques ?
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Les artisans taxis attendent des opérateurs de la banque et de l’assurance des packages prenant en compte l’ensemble des spécificités de leur métier. Par exemple, l’assurance doit intégrer tous les risques comme la détérioration d’une valise, la chute d’un passager, les bris de glace sans franchise, le prêt d’une voiture relais durant l’immobilisation réel du véhicule, le remboursement du matériel à neuf….
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Concernant les banques, les demandes portent sur la trésorerie et le besoin de découvert. En effet, de nombreux clients sont « en compte » et règlent donc à 60 jours fin de mois entrainant un besoin en fonds de roulement. Certains artisans jonglent ainsi entre 2 banques. L’achat de la licence nécessite un crédit bancaire et les professionnels regrettent la méconnaissance des banques à leur égard et les conditions d’octroi des crédits (apport personnel de 20% pour l’achat d’une licence par exemple).
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La FNTI a établi un partenariat avec deux assureurs, la MFA et le GAN. La MFA propose des crédits pour l’achat de licence, en partenariat avec un établissement de crédit en demandant un apport personnel d’environ 10%. Le GAN propose des packages prenant en compte l’ensemble des risques encourus par un artisan taxi.
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En matière informatique, deux partenariats ont notamment été signés avec la FNTI par AKOS, pour l’informatique embarquée et AXYGEST pour la télétransmission en matière de transport sanitaire.



