1°) Pouvez-vous nous décrire le secteur de la menuiserie ?
Le secteur de la menuiserie est composé de la fabrication ainsi que de la pose d’éléments tels que des fenêtres. 80% des entreprises du secteur sont des TPE. Elles effectuent essentiellement un travail de pose.
Les menuisiers sont surtout des hommes, âgés de 50 à 60 ans. Il s’agit de la génération du « baby-boom », proche de la retraite. Les repreneurs trentenaires s’imposent progressivement.
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2°) Comment se comporte l’activité des menuisiers face à la crise ?
Les menuisiers ressentent les effets de la crise économique. Le chiffre d’affaires des professionnels est en baisse mais le plus inquiétant est le niveau du carnet de commandes. Il y a deux ans, lorsque le marché se portait bien, la visibilité était de 1 an. Début 2009, la visibilité est tombée à 2 ou 3 mois. Aujourd’hui, elle est de 3 ou 4 mois, mais cette amélioration est conjoncturelle et ne doit pas être interprétée comme un signe de reprise. Le nombre de commandes est en forte baisse si bien qu’il est difficile de donner une tendance pour 2010 : la visibilité est et restera très limitée.
Les menuisiers travaillant dans le secteur de la rénovation sont moins impactés par la crise que ceux se positionnant sur le marché du neuf, le changement des fenêtres étant soutenu par le crédit d’impôt (dans le but d’améliorer l’isolation thermique, les dépenses en fenêtres à vitrages isolants, réalisées et payées avant le 31 décembre 2012, ouvrent droit à un crédit d’impôt).
3°) Quelles sont les tendances, les évolutions dans le secteur de la menuiserie ?
Concernant les matériaux, le PVC représente les deux tiers du marché. L’atout du PVC réside essentiellement dans son prix attractif. Face à l’augmentation du coût des matières premières, les fabricants ont dû baisser leur marge afin que le PVC reste compétitif. Il y a une quinzaine d’années, la majorité des fenêtres étaient en bois, la tendance s’est ensuite inversée en quelques années seulement. Il n’est pas exclu que la tendance s’inverse de nouveau, surtout si la marge des fabricants se réduit sur les fenêtres en PVC.
Le bois éco-certifié représente maintenant un tiers du bois utilisé. L’utilisation d’essences indigènes (chêne, pins…) redevient une réelle demande des consommateurs car la quasi-totalité de ces bois est éco-certifié. Les bois exotiques, jusqu’alors très utilisés en menuiserie extérieure, devront être labellisés s’ils veulent garder leur première place. De plus en plus de ces essences sont maintenant éco certifiées.
Enfin, concernant la conception des fenêtres, hormis les composants (vitrage, calfeutrement, quincailleries), l’évolution réside dans leur épaisseur : il y a 2 ou 3 ans, l’épaisseur commune était de 46 mm, le maximum étant de 56 mm. Aujourd’hui, la règle est de 56 mm minimum, avec de plus en plus de 68 mm, voire même du 78, 88 ou 98 mm.
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4°) Quels sont les relations avec les fournisseurs ?
Les menuisiers qui n’effectuent que la pose achètent leurs produits dans des magasins spécialisés. Les séries standard ont progressivement disparu au profit du « sur mesure » si bien que les menuisiers doivent auparavant passer la commande auprès du magasin, qui la transmet au fabricant. Les fabricants ne livrent directement les menuisiers que lorsqu’il s’agit de chantiers importants.
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5°) Quelles sont les préoccupations actuelles des menuisiers ?
La conjoncture économique et le manque de visibilité représentent la principale préoccupation des professionnels actuellement.
L’évolution de la règlementation est également une source d’inquiétude pour les menuisiers. Les entreprises doivent justifier d’une certaine performance pour être éligibles aux incitations fiscales, et faire appel à un centre technique pour tester les produits représente un investissement important pour les petites entreprises. De plus, afin de se conformer au marquage CE, les produits doivent être évalués. Le coût peut atteindre 5 K€ par gamme de produit. Pour les menuisiers, une alternative consiste à se désengager de la fabrication pour se concentrer sur la pose.
Enfin, la multiplication des devis inquiète les professionnels, même s’il ne s’agit que d’un « effet crise ». Les particuliers demandent aujourd’hui davantage de devis qu’auparavant afin de trouver le meilleur prix, ce qui constitue des coûts supplémentaires pour les professionnels.



