Retour à l'accueil
 
Fermer
Identifiant
Mot de passe

5 questions à...
Eric Rosaz, délégué de la filière viticole
à FranceAgriMer

1°) Pouvez-vous nous décrire le secteur de la viticulture, et notamment la place des TPE dans ce secteur ?

.

FranceAgriMer est un établissement public sous tutelle du ministère de l’Agriculture, qui est un office pour la filière agricole et la filière pêche.

Ses trois grandes missions sont :

-       l’accompagnement des entreprises et des exploitations agricoles dans leur développement

-       le paiement d’aides nationales ou communautaires

-       l’observation et l’analyse des marchés agricoles.

.

L’organisme s’occupe de toutes les filières agricoles (vin, fruits et légumes, grandes cultures, pêche…). Dans le secteur viticole, FranceAgriMer suit toute la filière viticole, de la pépinière aux distilleries.

.

Traditionnellement la filière viticole est composée de nombreuses TPE. On dénombre environ 35 000 exploitations viticoles en caves particulières (dont 18 000 mettent tout ou partie en bouteille), 75 000 déclarants de récoltes, 1 500 négociants et 800 caves coopératives. Le secteur est fortement atomisé dans la production et la mise en marché.

.

Le nombre de viticulteurs a fortement baissé ces 50 dernières années, on constate que les petites exploitations disparaissent au profit d’exploitations de taille plus importante. Le nombre de coopératives, qui représentent environ 50 % de la production française, est également en recul. Le nombre de vignerons indépendants a également fortement diminué.

.

La filière viticole est l’un des plus importants employeurs de main d’œuvre du secteur agricole. Le nombre de salariés permanents est relativement stable. En tant que culture spécialisée, la filière viticole est fortement demandeuse de main d’œuvre saisonnière pour la taille de la vigne entre décembre et mars et pour les vendanges à partir de mi-août jusqu’à fin octobre.

.

La concurrence n’est pas très forte entre les indépendants et les coopératives car ils interviennent sur des marchés différents. Les vignerons indépendants, qui ont des quantités moins importantes à commercialiser, se concentrent sur la vente directe (restauration, vente directe en caveau, salons…) alors que les coopératives et les négociants interviennent d’avantage auprès de la grande distribution et des marchés d’exportation.

.

Depuis 20 ans, le secteur s’oriente vers une spécialisation des exploitations viticoles. Quelques exploitants se diversifient cependant vers des services (accueil sur l’exploitation, oenotourisme…).

.

2°) Comment se comporte l’activité des viticulteurs face à la conjoncture économique ?

.

L’activité se maintient par rapport à la conjoncture économique. Le secteur a connu un passage difficile lors de la crise économique, mais depuis, les exportations reprennent, soutenues par une forte demande des pays Asiatiques. Le marché français est globalement stable, marqué par une consommation stagnante. Les niveaux de production ont baissé depuis 3 ou 4 ans en raison des petites récoltes et des campagnes d’arrachage de vigne. Aujourd’hui la filière a atteint un équilibre entre la production et la commercialisation, entrainant une stabilité des prix et une baisse des tensions à la production.

.

Depuis 20 ans, la consommation devient moins régulière et plus limitée aux occasions festives. Les campagnes anti-alcool ont également eu un impact sur les modes de consommation de vin et d’alcool en France. Le vin garde cependant une forte connotation culturelle.

.

5 questions à...
Jacques Planeix, Délégué Général de l'UMPI, Union
des Métiers du Plâtre et de l'Isolation

1°) Pouvez-vous nous décrire le secteur des plâtriers plaquistes ?

.

L’UMPI (Union des Métiers du Plâtre et de l’Isolation) est une branche technique de la FFB (Fédération Française du Bâtiment). L’UMPI regroupe entre 3500 et 3700 entreprises dont l’activité principale est la plâtrerie, soit environ 65 % du marché. Outre les plâtriers, l’UMPI comprend également les staffeurs et les plaquistes et les entreprises de plafonds suspendus. Certaines entreprises de cloisons amovibles souhaitent intégrer l’UMPI, le mode opératoire et la gestuelle étant très proches.

.

Les plâtriers-plaquistes interviennent principalement dans la répartition des volumes : cloisons, plafonds, combles… Le métier a l’avantage de s’exercer à l’intérieur. Cependant, l’activité évolue, et les professionnels exercent des fonctions complémentaires : thermique, acoustique ou protection incendie. Il s’agit des principales fonctions du plâtre associé à une isolation.

.

Ce secteur est essentiellement constitué de TPE, les entreprises comptant en moyenne entre 8 et 12 salariés. Les grandes entreprises sont peu nombreuses. De plus en plus d’entreprises se diversifient, pour des raisons économique ou stratégique (plâtriers-peintres, plâtriers menuisiers, plâtriers-maçons…).

.

Le nombre d’entreprises est stable depuis quelques années, même si le nombre de créations s’est légèrement accru avec le statut d’auto-entrepreneur. Le statut d’auto-entrepreneur n’est pas trop  problématique dans la mesure où ils sont peu nombreux, l’activité s’exerçant difficilement seul. Les créations d’entreprises, hors auto-entrepreneurs, sont de moins en moins nombreuses, les parts de marché étant reprises par d’autres entreprises, du secteur ou d’autres corps de métier, cherchant à se diversifier. La concurrence s’accentue avec les autres corps de métier durant les périodes difficiles, et le marché est hélas tiré vers le bas, que ce soit en termes de prix ou de qualité.

.

Les regroupements entre entreprises de plâtrerie sont rares mais les regroupements avec des entreprises des autres corps d’état se développent afin de répondre à des ensembles plus larges (macro-lot, offre élargie).

.

La réglementation favorise l’activité, même si l’approche commerciale et la stratégie de l’entreprise restent déterminantes. Le potentiel est important sur le marché énergétique, mais le client n’a ni les moyens ni l’envie d’investir dans des économies d’énergie, il préfère investir dans le confort. C’est donc aux professionnels de s’adapter et de le sensibiliser aux économies d’énergie. Le potentiel est également important dans l’acoustique : entre les 2/3 et les 3/4 des personnes ne sont pas satisfaites de leur confort acoustique dans leur logement (locataire ou propriétaire). Il y a donc une double approche possible.

.

2°) Comment se comporte l’activité des professionnels face à la conjoncture économique ?

.

Il est difficile de cerner les évolutions à venir car elles fluctuent rapidement. Ainsi, le 1er semestre 2011 semblait optimiste et positif, puis le 2d semestre est paru plus négatif. L’activité semblait remonter début 2012, en volume, les prix restant bas, mais elle repart de nouveau à la baisse depuis mi-février. Le bâtiment est un marché cyclique : tous les 7 à 10 ans, ça fluctue. On est actuellement en bas, peut-être plus longtemps que d’habitude, mais on va remonter. Le bâtiment est lié à la confiance des ménages. En période d’élections, rien ne se passe, mais on espère que la situation se débloquera au 2d semestre 2012.

.

La baisse des incitations fiscales dans le BTP devrait freiner les investissements, d’autant que les prix des matériaux et des produits devraient poursuivre leur croissance.

.

Dans les années à venir, il faudra apprendre à travailler avec des carnets de commandes moins garnis, s’adapter, pour répondre et intervenir rapidement, être plus flexibles.

.

5 questions à...
Régine Ferrère, Présidente du CNEP, Confédération
Nationale de l'Esthétique Parfumerie

1°) Pouvez-vous nous décrire le secteur des soins de beauté ?

.

La CNEP représente l’ensemble de la filière des soins de beauté, depuis la formation jusqu’à la distribution. La filière regroupe 46 993 entreprises, emploie 59 300 salariés et réalise un chiffre d’affaires de 2,580 Md € en 2010. 4 axes sont présents :

1.    La Formation spécifique aux diplômes d’Etat (CAP, BP, Bac Pro, BTS) : 30 entreprises et 55 M€ de chiffre d’affaires en 2010.

2.    La Fabrication et la conception des produits cosmétiques pour les instituts et les spas : 30 entreprises employant 4 000 salariés pour 500 M€ de chiffre d’affaires.

3.    Les Equipementiers pour la fabrication des équipements et matériels de bien être (hammam, jacuzzi, lits, nouvelles technologies IPL, LED, ULTRA SONS…) : 27 entreprises employant 600 salariés pour un chiffre d’affaires de 60 M€.

4.    La Distribution au sein des instituts de beauté : franchises, groupements, spas (hors spas hôteliers), centres de soins corporels, centres de soins spécialisés,  et depuis 2010/2011 les centres de stylisme ongulaire (Nail Art) ou stylisme de cils. La distribution regroupe plus de 36 000 entreprises, près de 50 000 salariés pour un chiffre d’affaires de 1,9 Md€.

.

La CNEP et le CREDOC, dans leur étude sur le marché des soins de beauté segmentent la distribution de la manière suivante :

1.    Les instituts de beauté traditionnels et en franchise ou groupements dont l’activité principale repose sur les soins de beauté, soins du visage, maquillage, beauté des pieds et des mains, complétée par une vente de produits cosmétiques. Ils sont les plus nombreux (près de 21 000 établissements dont 9 000 auto-entreprises) et en majorité artisanaux.

2.    Les soins du corps comme les saunas, bains, soins minceur, bronzage, spas (hors spas hôteliers), hydrothérapie, gommage, massage… Environ 4 600 établissements interviennent sur le marché y compris les auto-entrepreneurs. De nombreuses femmes, travaillant seules et désireuses de concilier vie familiale et professionnelle, ont créé leur activité de massage et exercent en marge des autres opérateurs plus structurés. Les spas hôteliers ne sont pas comptabilisés dans le périmètre de la CNEP car ils dépendent des hôtels, généralement étoilés, ils réalisent cependant un chiffre d’affaires important et en progression constante.

3.    Le thermalisme et la thalassothérapie avec 230 établissements.

4.    Les parfumeries avec ou sans cabines d’esthétique dont l’activité première demeure la vente de produits de parfumerie et cosmétique et le conseil. Elles développent, en activité secondaire, les soins de beauté. On y retrouve des enseignes comme Marionnaud, Beauty Success ou Passion Beauté. Près de 6 200 établissements sont présents.

.

2°) Comment se comporte l’activité des soins de beauté face à la crise ?

.

Le secteur progresse d’environ 7 % par an. La branche reste dynamique malgré la dégradation des conditions économiques et reste peu soumise aux arbitrages de consommation. Une majorité de la clientèle estimant au contraire, que se faire du bien, permet de compenser les difficultés. Profiter d’un moment pour soi reste le luxe à s’offrir dans un contexte économique difficile. Par ailleurs, les soins de beauté s’appuient sur une clientèle large, de 18 à 65 ans, avec notamment une population de jeunes retraitées, soucieuses de leur apparence.

.

Le segment des soins du corps connait la plus forte progression, bénéficiant des offres low cost des chaînes comme Body Minute ou des prestations plus sophistiquées d’Esthétic Center. Les spas connaissent un fort engouement tout  comme les centres high tech consacrés aux soins minceur, anti-âge, ou à la dépilation à la lumière pulsée…. Ces derniers enregistrent des croissances très fortes répondant à des demandes plus spécifiques de la clientèle.

.

La situation est plus délicate pour les centres d’esthétique classiques, implantés localement, ne disposant que de 0 ou 1 salariés et dont le chiffre d’affaires tourne en moyenne autour de 56 K€. La montée de la concurrence, l’absence d’investissements en nouveaux matériels (dont le coût peut dépasser les 70 K€) et de renouvellement de la clientèle risquent de rendre difficile leur survie au-delà de 2012. Nombre d’entre eux ferment au moment du départ en retraite de la fondatrice et souvent, ne sont pas repris, faute d’investissements (informatiques, matériel…) suffisants et en raison d’une surface trop réduite qui ne permet pas à une jeune esthéticienne repreneuse  d’avoir des perspectives de développement. La CNEP estime que 30 à 35 % de ces instituts pourraient disparaitre assez rapidement au regard de la multiplication des dossiers de reclassement du personnel qu’elle reçoit des mandataires judiciaires. Cependant, la personnalité du créateur, la segmentation de la zone de la chalandise, l’adaptation de l’offre, voire la spécialisation, continuent d’offrir à ce type d’entreprise  des perspectives intéressantes dans les villes petites et moyennes. 

5 questions à...
Eric Mezin, Délégué général de l’UIT Nord
et d’URIC-UNIMAILLE

1°) Pouvez-vous nous décrire le secteur du textile/habillement ?

.

L’UIT Nord est le syndicat professionnel des entreprises textiles, en amont de la filière (filature, teinture, tissage, dentelle…) et URIC UNIMAILLE représente les entreprises en aval de la filière (tricotage, confection de vêtements en maille ou en chaîne et trame). L’UIT Nord couvre le Nord-Pas-de-Calais et l’URIC UNIMAILLE, le Nord de la Loire (Grand Ouest, IDF, Nord-Pas-de-Calais). Ils représentent environ 70 % des effectifs.

.

La filière comprend 2 activités principales : la filière traditionnelle Textile Mode et Maison, et les textiles techniques. Ce sont des textiles que l’on va fonctionnaliser, et qui sont utilisés dans le médical, dans le BTP, l’industrie, l’aéronautique…

.

Pour des raisons historiques, les entreprises de textile/habillement sont essentiellement situées en Rhône-Alpes et dans le Nord-Pas-de-Calais.

.

Le nombre d’entreprises est en baisse depuis plusieurs décennies. Le secteur compte entre 80 et 100 000 salariés aujourd’hui, soit l’équivalent des effectifs du textile nordiste dans les années 1960. Il faut cependant signaler qu’il y a encore des créations d’entreprises, mais elles sont masquées par les fermetures. De plus, si la confection a perdu 65 % de ses effectifs ces 10 dernières années, son chiffre d’affaires a progressé de près de +5% dans le même temps, et le résultat net a augmenté encore plus fortement. En effet, les entreprises françaises ont délocalisé les ateliers de confection, mais ont conservé leur valeur ajoutée, qui n’est plus dans la fabrication, mais dans la création, la mise au point des produits et la distribution des produits. La relocalisation est un épiphénomène : ce n’est pas encore une vraie tendance.

.

La part des TPE est très importante, surtout sur Paris. Les ateliers de confection ayant été délocalisés, il ne reste en France que la création, le bureau d’études et le montage des prototypes. Ainsi, mécaniquement, la part des TPE progresse. Les entreprises ont en moyenne une trentaine de salariés.

.

Depuis quelques années, les professionnels du textile/habillement demandent de plus en plus à participer à des clubs de dirigeants d’entreprises. Il s’agit d’une filière très hétérogène (le travail du filateur ou celui du confectionneur sont très différents), mais tous servent le même consommateur final. Ils souhaitent donc se rencontrer, pour connaître et comprendre les savoir-faire respectifs, et développer les collaborations entre les différents stades de la filière. En revanche, dans le textile technique, les professionnels demandent à rencontrer les secteurs clients pour leur faire découvrir les possibilités de leurs produits. Ce sont des réseaux informels non structurés. 

.

La concurrence est désormais internationale. Face aux prix bas des pays asiatiques, les professionnels mettent en avant la proximité, les délais courts, la réactivité…

.

2°) Comment se comporte l’activité des professionnels face à la conjoncture économique ?

.

L’activité s’est redressée sur le début de l’année 2011, mais il y a eu un net ralentissement durant l’été (août/septembre pour la majorité, dès mai/juin pour certains). Les soldes d’été ont été mauvais, et la fréquentation des magasins faible en septembre et en octobre. Les ateliers ne sont pas encore en sous-activité car ils traitent les commandes passées avant l’été, mais les professionnels sont inquiets pour la fin de l’année et pour 2012. Ce recul est lié à la baisse de la consommation et à une météo défavorable (automne et début d’hiver doux).

.

La consommation recule également en Europe du Sud, mais progresse légèrement en Angleterre et en Allemagne. Les professionnels estiment que la croissance proviendra des exportations, et non du marché intérieur.

.

Le textile technique accuse une légère baisse d’activité depuis quelques semaines, en raison du ralentissement économique général en France.

5 questions à...
Philippe ARRAOU, Président de ECF, Experts-comptables
et commissaires aux comptes de France

1°) Pouvez-vous nous décrire le secteur des experts-comptables ?

.

La profession d’Expert-comptable est placée sous la tutelle du ministère des Finances, chapeautée par un ordre professionnel, l’Ordre des Experts-Comptables. Pour pouvoir exercer l’activité, il faut ainsi être titulaire du diplôme d’Etat d’expertise comptable, et demander son inscription auprès de l’Ordre. On compte autour de 19 000 inscrits en exercice. La très grande majorité exerce en libéral, soit en exercice isolé soit en société avec des confrères associés. Une partie des membres de l’ordre exerce leur activité dans le cadre d’un statut de salarié. Par ailleurs il faut savoir que chaque année, environ 1 diplômé sur 2 ne s’inscrit pas à l’Ordre et va utiliser ses compétences principalement dans des entreprises privées (direction financière…), des administrations publiques ou des banques. Une réflexion est engagée pour fédérer une grande profession du chiffre au sein de l’Ordre, avec différents collèges et faire porter l’action de l’Ordre sur l’ensemble des diplômés.

Deux syndicats représentent la profession et proposent des services d’accompagnement dans l’exercice de la profession ; de la formation continue (entre obligation légale et nécessité professionnelle face aux évolutions du Droit) ; de représentation patronale pour les négociations, notamment autour de la convention collective nationale et la représentation aux élections professionnels tous les 4 ans. L’un des syndicats est plus axé vers les grands cabinets, les « big » comme appelés dans la profession ou vers des réseaux comme Fiducial.

ECF, experts-comptables et commissaires aux comptes de France, défend l’exercice de la profession libérale. ECF est une fédération nationale de 22 syndicats régionaux d’Experts-comptables et de Commissaires aux comptes, inscrits au tableau de l’Ordre des Experts-comptables et/ou de la Compagnie des Commissaires aux comptes.

.

L’expert-comptable intervient sur des missions dites traditionnelles qui engagent sa responsabilité et qui touchent à des sujets techniques comme la fiscalité, la clôture des comptes, le social (droit du travail…) et le commissariat aux comptes. Son rôle est particulièrement fort auprès des TPE et des PME auxquelles il apporte ses compétences et ses conseils.  

.

2°) Comment se comporte l’activité des experts comptables face à la crise ?

.

Dans un contexte économique difficile et incertain depuis 2-3 ans, l’expert-comptable est touché par les difficultés financières de ses clients ou par leur disparition et est confronté à des défauts de paiement, n’étant pas considéré comme un créancier prioritaire. Le chiffre d’affaires de la profession stagne sur les cibles des TPE/PME.

.

D’un autre côté, la crise économique a fait surgir de nouveaux besoins et de nouvelles demandes comme un besoin d’information permanent, régulier et plus fréquent que la clôture des comptes une fois par an. L’expert-comptable peut apporter un accompagnement dans la gestion quotidienne de l’entreprise et mettre en place un système d’informations pour une alerte plus précoce.

5 questions à...
André Gallin, Président de la branche loueurs
courte durée du CNPA

1°) Pouvez-vous nous décrire le secteur de la location de voitures courte durée ?

.

Le CNPA est le Conseil National des Professions de l’Automobile. Il rassemble l’ensemble des métiers de services liés à l’automobile. La branche loueurs de voiture courte durée du CNPA regroupe plus d’un millier d’adhérents, soit environ de 85 % du marché.

.

Ce secteur est en pleine mutation. Il s’agit d’une activité récente, apparue dans les années 1955 avec le développement du transport aérien. Auparavant tournée vers une clientèle professionnelle, le mix client a évolué grâce à l’essor des compagnies low-cost et du TGV : la part des locations loisir est passée de 30 % il y a 15 ans à 60 % aujourd’hui. La croissance du marché est désormais portée par le tourisme et non plus par la clientèle professionnelle.

.

Cette évolution est également liée à la mutation de la pyramide des âges : les jeunes ont un rapport à la voiture totalement différent. Aujourd’hui, l’usage est privilégié à la propriété, la possession d’une voiture n’est plus l’affirmation d’un statut social. Un comportement citoyen émerge également : une voiture de location représente 7 voitures en propriété, et limite donc la pollution, la circulation...

.

Le nombre d’agences est stable, de même que la part des réseaux internationaux (Hertz, Avis, Europcar…), qui représentent 60 % du marché. Les agences de location comptent 3 ou 4 personnes en moyenne. Le marché s’est récemment ouvert avec l’entrée de la grande distribution (Leclerc, Super U, Carrefour, Intermarché), il se démocratise.

.

2°) Comment se comporte l’activité des loueurs face à la conjoncture économique ?

.

Jusqu’au mois d’avril, la clientèle est essentiellement professionnelle. Le début de l’année 2011 a été relativement difficile, l’activité économique étant encore ralentie par la crise. La saison touristique a ensuite été bonne, les français étant davantage restés dans l’Hexagone. L’activité devrait progresser légèrement sur le dernier trimestre 2011, pour atteindre une hausse comprise entre 2 % et 3 % sur l’ensemble de l’année 2011. L’activité ne devrait pas connaître de hausse en 2012 : beaucoup d’interrogations subsistent concernant l’évolution de l’économie et des problèmes bancaires, et il s’agit d’une année d’élection, en France et aux Etats-Unis.

5 questions à...
Nicolas Thouvenin, Directeur Général de la FNAIM,
Fédération Nationale de l'Immobilier

1°) Pouvez-vous nous décrire le secteur des agences immobilières ?

.

La Fédération Nationale de l’Immobilier (FNAIM) représente 12 000 professionnels spécialisés dans 15 métiers différents, de l’acte d’aménager un terrain en vue de son lotissement à celui d’administrer un appartement loué, après l’avoir diagnostiqué, expertisé et vendu. LA FNAIM compte 12 000 entreprises adhérentes : près de 9 000 agences immobilières qui réalisent de l’ordre d’un tiers des transactions dans l’ancien (225 000 en 2010), 4 200 administrateurs de biens qui gèrent 1,8 millions de lots en gérance et 1 700 syndics qui administrent 2,8 millions de lots en copropriété. Sous l’impulsion de son Président actuel, René PALLINCOURT, elle a créé en 2004 l’Ecole Supérieure de l’Immobilier qui délivre désormais chaque année 30 000 journées de formation initiale et continue puis, en 2006, un département qualité qui traite 5 000 dossiers par an de réclamations de consommateurs ou de professionnels eux-mêmes.

.

Le marché s’est profondément développé depuis 1970. Les agents immobiliers ont gagné 40 % de parts de marché sur le particulier à particulier entre 1970 et 2010 : ils réalisent 60 % des transactions dans l’ancien, contre 20 % il y a 40 ans. La FNAIM travaille à la promotion du mandat exclusif et au partage des exclusivités par la collaboration entre agences. Le concept est simple : en donnant une exclusivité à un professionnel organisé en fichier commun, un vendeur abonde une offre globale accessible à l’ensemble des agences et à tous les clients.

.

La majorité des entreprises sont des TPE : les agences comptent en moyenne de 3 à 7 salariés. Les entrepreneurs sont essentiellement des hommes, mais le personnel salarié est très féminisé. Les réseaux (de franchises ou d’indépendants, licences de marques, coopératives…) représentent de l’ordre d’un tiers du marché et continuent de se développer grâce à des rachats ou à des affiliations d’agences indépendantes.

.

Par ailleurs, les professionnels sont appelés à diversifier de plus en plus leur activité vers l’administration de biens qui répond à un double intérêt : une réponse à un besoin de la clientèle et un relais de croissance qui permet de réduire les risques liés à l’activité de transaction, dépendante de l’activité économique et des aléas conjoncturels. Près de 40 % des professionnels exercent cette double activité.

.

2°) Comment se comporte l’activité des agents immobiliers face à la crise ?

.

La crise a révélé un paradoxe : le recul brutal de l’activité ne s’est pas accompagné d’une chute des prix. Il y a donc eu une crise de confiance et un attentisme grandissant encouragé par une spéculation à la baisse des prix après plus de 10 années de hausses des prix interrompues. La sortie de crise a été soutenue par les professionnels, qui ont joué le jeu de la modération des prétentions de leurs mandants, le crédit d’impôt sur les intérêts d’emprunt (2007-2010) et la baisse des taux d’intérêts des crédits immobiliers (2009-2010). L’activité a rebondi en 2010, illustrant le fait que le marché était resté cohérent par rapport aux conditions de crédits et à l’évolution du revenu des ménages, même s’il était arrivé à son paroxysme en matière de prix : le coût de l’accession en termes réels (revenu, taux et durée) était comparable en 2010 à celui qui prévalait il y a 10 ans.

.

Le nombre de transactions a augmenté de + 25 % en 2010 par rapport à 2009 et retrouvé ses hauts niveaux d’avant crise (entre 750 000 et 800 000 transactions / an). Il devrait au mieux se maintenir à niveau en 2011, grâce au soutien du marché de la primo-accession apporté par le PTZ+ et des taux d’intérêts encore attractifs malgré leur remontée.

.

Des facteurs de tensions réapparaissent néanmoins sur des marchés très spécifiques, comme Paris, ou plus généralement dans le prisme de la confiance des ménages : pour la première fois depuis 2000, les candidats à l’achat doivent faire face à une augmentation simultanée des prix et des taux d’intérêts des crédits qui n’est plus compensée par un nouvel allongement de la durée des emprunts, orientée à la baisse…

5 questions à...
Philippe Sterlingot, président du SFDO,
syndicat français des osthéopathes

1°) Pouvez-vous nous décrire le secteur des ostéopathes ?

.

L’ostéopathie est définie par le Référentiel Métier Ostéopathe® : "L’ostéopathie consiste, dans une compréhension globale du patient, à prévenir, diagnostiquer et traiter manuellement les dysfonctions de la mobilité des tissus du corps humain susceptibles d’en altérer l’état de santé". L’ostéopathie traite les troubles fonctionnels du corps. Les professionnels interviennent principalement dans le traitement des troubles douloureux de la appareil locomoteur, des troubles digestifs, migraineux, gynécologiques, respiratoires ou pour la stimulation immunitaire.

.

Avant 2002, pratiquer l’ostéopathie relevait de l’exercice illégal de la médecine. L’article 75 de la  loi n° 2002-303 du 4 mars 2001 reconnaît la profession d’ostéopathe en définissant les conditions de l’usage professionnel du titre d’ostéopathe. Cependant, les décrets et arrêtés d’application de la loi de 2002 ne sont parus qu’en 2007. Ces textes ne prévoient pas l’organisation de la profession en tant que profession de santé mais l’usage professionnel du titre d’ostéopathe.

.

Début 2011, environ 14 331 personnes sont inscrites au répertoire Adeli. La profession est pratiquée par :

-          6 971 ostéopathes exclusifs

-          5 831 masseurs kinésithérapeutes ostéopathes

-          1 325 médecins ostéopathes

-          204 paramédicaux ostéopathes (infirmiers, podologues ou des sages-femmes).

.

Les conditions d’accès à la profession sont fixées par décret et comprennent une formation initiale de 2 660 heures pour les personnes non titulaires d’un diplôme de professionnel de santé, soit environ 3 ans de formation minimum. Les professionnels de santé doivent accomplir 1 225 heures de formation sur 3 ans minimum.

Dans les faits, la formation, pour la très grande majorité et notamment les bacheliers, est au moins de 4 200 heures sur 5 ans. La formation se déroule dans 53 établissements agréés par le ministère de la Santé et par le biais de 14 diplômes interuniversitaires dans des universités reconnues par l’Ordre des Médecins.

.

En 2009, environ 55 % des ostéopathes exercent en cabinet de groupe, soit avec d’autres professionnels de santé, soit avec d’autres ostéopathes. L’activité en groupe permet une meilleure visibilité et des économies (loyer, secrétariat…). Les ostéopathes se déplacent peu. Quelques services d’urgence type SOS Ostéopathie ont vu le jour mais restent marginaux.

.

2°) Comment se comporte l’activité des ostéopathes face à la conjoncture économique ?

.

L’observatoire socio-économique de l’ostéopathie (OSEOstéo) révèle qu’en 2009, 61 % des ostéopathes diplômés entre 2002 et 2008 étaient indépendants économiquement. A contrario, plus d’un tiers d’entre eux ne peuvent vivre de leur seule activité. Cette difficulté touche principalement les jeunes entrants sur le marché, puisqu’on estime que la viabilité d’un cabinet est opérationnelle après 5 ans d’activité.

.

En 2011, le SFDO confirme que les jeunes professionnels peinent à s’établir et que le seuil de sélectivité est plus élevé qu’il y a 5 ans. Pour durer dans la profession, il faut être encore meilleur qu’avant, d’où l’importance de la formation initiale. La conjoncture économique et la multiplication du nombre d’ostéopathes a entraîné une baisse des délais d’attente (de plusieurs mois à quelques semaines parfois) et des trous dans l’emploi du temps quotidien. Selon l’OSEOstéo, le nombre de consultations est passé de 120 par mois en 2002 à 74 en 2008. Certains professionnels soulignent le nomadisme des patients qui ne souhaitent pas attendre pour une consultation et se tournent vers le 1er professionnel disponible. Cependant, la fidélité des patients à leur ostéopathe n’est pas remise en cause.

.

La profession d’ostéopathe existe grâce à la demande des patients. Leur satisfaction est le plus sûr moyen de progresser et d’exister.

5 questions à...
Philippe Driat, Délégué Général de le Chambre
Syndicale Française de l'Etanchéité

1°) Pouvez-vous nous décrire le secteur des étanchéistes?

.

La CSFE (Chambre Syndicale Française de l’Étanchéité) est atypique car elle regroupe à la fois des fabricants et des entreprises d’étanchéité. Sa représentativité est de 75 à 80 % sur le marché de l’étanchéité et des toitures terrasses.

.

A la différence de la couverture qui empêche l’eau de rentrer dans un local grâce au recouvrement de petits ou grands éléments (tuiles, ardoises, plaques ondulées, zinc,..), l’étanchéité consiste à recouvrir un toit en général à faible pente d’un revêtement continu. On utilise majoritairement des rouleaux de feuilles bitumineuses ou de membranes synthétiques soudés entre eux, mais aussi de l’asphalte ou des résines. La mise en œuvre de l’isolation thermique ou des protections fait aussi partie des travaux de l’étancheur (ou étanchéiste).

.

Le marché de l’étanchéité est constitué des entreprises spécialisées et des couvreurs qui réalisent ponctuellement des opérations d’étanchéité sur des petites surfaces. Il y a 3 000 entreprises au total, mais seulement 500 sont spécialisées. Le nombre d’entreprises reste stable. La présence ponctuelle des couvreurs n’apparaît pas comme une concurrence supplémentaire car ils ne se positionnent pas sur les mêmes marchés : les couvreurs s’adressent surtout aux particuliers, alors que les principaux débouchés des étanchéistes sont les grandes surfaces (immeubles, bâtiments de bureau, de stockage, industriels…). La concurrence est plus exacerbée sur les bâtiments en acier que sur les bâtiments en béton en raison de la part importante des matériaux dans les coûts et de la présence de grosses entreprises.

.

Les entreprises situées dans les grandes villes sont généralement spécialisées sur une cible  de clientèle : les professionnels positionnés sur le marché de la copropriété vont démarcher les syndics, ceux présents sur les collectivités locales se positionneront vers les architectes, ces-derniers étant prescripteurs… Les entreprises de province ou des zones rurales s’adressent à l’ensemble des clients.

.

2°) Comment se comporte l’activité des étanchéistes face à la conjoncture économique ?

.

L’activité s’est maintenue et il y a eu très peu de défaillance grâce à l’impact du Grenelle de l’environnement. Ainsi, les végétalisations de toiture progressent fortement, l’isolation thermique est de plus en plus importante, et le développement du photovoltaïque a représenté une opportunité pour les professionnels positionnés sur ce créneau. Les surfaces traitées ont certes diminué, mais la valeur ajoutée des travaux réalisés a été plus importante.

.

Pour 2011, la tendance est à la hausse car le Grenelle s’inscrit sur le long terme. Cependant, la situation est contrastée selon les marchés et les régions. Par exemple, les travaux industriels sont en forte baisse dans le Nord, mais progressent en Midi-Pyrénées. Les professionnels sont également dans l’incertitude concernant le photovoltaïque, avec la baisse des tarifs de rachat.

.

5 questions à...
Franck Fontanesi, Responsable économie et
statistiques de la FIEV

1°) Pouvez-vous nous décrire le secteur des équipements automobiles ?

.

La FIEV (Fédération des industries des équipements pour véhicules) rassemble 120 groupes d’entreprises qui produisent des composants et des systèmes destinés à équiper tous les véhicules sur les marchés mondiaux.

Une majorité des équipementiers et fournisseurs automobiles est constituée de PME. 70 % des entreprises comptent plus de 50 salariés. Les TPE sont très peu nombreuses car il est difficile d’avoir une structure efficiente avec moins de 40 salariés. Ce secteur emploie 97 000 personnes.

Les TPE et les PME sont essentiellement des fournisseurs de rang 3 ou 4 qui fabriquent un seul produit. Ils suivent un process de fabrication dédié à une activité bien précise. Leurs clients sont les fournisseurs d’un rang supérieur (rang 2). Les équipementiers de rang 1 (Valeo, Faurecia, Plastic Omnium, Bosch, etc.…) sont les interlocuteurs directs des constructeurs automobiles. Ils intègrent les travaux des fournisseurs des rangs supérieurs. Ce sont ces entreprises qui sont représentées au sein de la Fiev.

La plupart des grands équipementiers sont spécialisés sur le secteur automobile, tandis que les TPE/PME de rang 4 peuvent se positionner sur différents marchés (aéronautique, ferroviaire,…) si le produit le permet (comme la connectique, l’électronique…).

L’activité des équipementiers est fortement liée à celle des constructeurs automobiles : entre 80 et 85 % du chiffre d’affaires des entreprises membres de la Fiev proviennent de la 1ère monte automobile, les équipements représentant 80 % du prix de revient de fabrication d’un véhicule. Or, la production de véhicules automobiles en France a diminué de près d’un tiers ces dernières années (entre 2 et 2,2 millions de voitures par an actuellement, contre plus de 3 millions il y a une dizaine d’années), entraînant une concentration du secteur, notamment au niveau des équipementiers de premier rang, dont les bases financières leur permettent d’accompagner les constructeurs dans leur développement international.

.

2°) Comment se comporte l’activité des équipementiers automobiles face à la crise ?

L’année 2010 a été positive pour le secteur automobile, la prime à la casse ayant permis de maintenir les niveaux de ventes de véhicules neufs jusqu’à la fin de l’année.

Le chiffre d’affaires des équipementiers devrait augmenter de plus de 10% sur l’ensemble de l’année 2010, sans toutefois rattraper les niveaux d’activité d’avant crise (recul compris entre - 20 et - 25 % par rapport à 2007).

L’export représente plus de 50 % de l’activité des équipementiers (plutôt un tiers pour les PME), et intervient comme un relais de croissance important face à la baisse de la production automobile sur le territoire national.

L’activité des équipementiers devrait être stable en 2011 : en effet, malgré un marché automobile qui pourrait reculer légèrement en Europe (entre 0 et – 5 % en France), la valeur ajoutée des équipements automobiles demeure importante.

  • S'abonner au blog

    Entrez votre email pour être averti des nouveaux messages
  • Catégories

    Mise à jour [27]
  • Calendrier

    < mai 2012 >
    D L M M J V S
        1 2 3 4 5
    6 7 8 9 10 11 12
    13 14 15 16 17 18 19
    20 21 22 23 24 25 26
    27 28 29 30 31    
  • Recherche

  • Statistiques

    Posts: 49
    Commentaires: 0
    Depuis: août 2009
Fermer
  • Envoyer à un collègue